17.07.2008
Le père de Sadia Sheikh libéré sans condition
Du nouveau dans la malheureuse affaire du meurtre de Sadia Sheikh, la jeune fille de 20 ans qui refusait un mariage forcé au Pakistan et dont le frère avait mis fin à ses jours au domicile familial à Lodelinsart. Pour plus d'infos tapez "sadia" dans le moteur de recherche du blog.
Le père de Sadia, Tariq Mahmood Sheikh (Shiekh) avait été inculpé de l'assassinat de sa fille et incarcéré le 30 décembre dernier.
Les enquêteurs pensaient qu'il avait commandité ce meurtre et que c'est son fils Mudusar qui l'avait instrumentalisé en octobre 2007 en touchant sa soeur de 3 balles. Elle devait mourir deux jours après les faits.
Libéré le 25 juin dernier par la Chambre du Conseil de Charleroi, le Parquet avait immédiatement fait appel de la décision.
Le jeudi 3 juillet Tariq, âgé de 58 ans, a été libéré sans condition par la Chambre des mises en accusation de la Cour d'appel de Mons. Il reste néanmoins toujours inculpé de l'assassinat de Sadia.
Michel Bouchat, son avocat, argue le fait que les indices matériels étaient très faibles contre son client. La demande de remise en liberté était dès lors difficile à refuser. Il a toujours nié les faits reprochés contre lui.
Bien sûr il faut faire confiance en la justice mais lors du procès il faudra se poser des questions notamment le fait qu'il voulait quitter la Belgique pour retourner au Pakistan après avoir vendu son patrimoine belge. Pourquoi l'arme du crime, destinée à le protéger dans le magasin où il travaillait se trouvait à son domicile ? La justice des Hommes tranchera. Il faut espérer que la soeur de Sadia, Sarya qui a été blessée lors du meurtre et qui va se retrouver devant son géniteur, ne va pas être trop perturbée ni influencée en vue du futur procès de son père et de son frère.
16:26 Publié dans Des gens | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sadia, sheikh, tariq, bouchat, charleroi
12.01.2008
La justice belge ne reste pas inactive pour comprendre le meurtre de Sadia
Il est rare qu'une affaire de meurtre soit aussi diligentée en Belgique. Le juge d'instruction, Ignacio de la Serna, et les enquêteurs de Charleroi semblent mettre les bouchées doubles pour résoudre l'affaire. Il y a deux éléments nouveaux qui entrent en ligne de compte : la médiatisation de l'affaire qui rend Sadia sympathique aux yeux de l'opinion publique, cette jeune fille de 20 ans à l'avenir souriant n'est-elle pas morte d'avoir voulu vivre comme tout le monde ? Et deuxième élément qui découle du premier : dans les forums ouverts sur internet, de nombreuses voix font apparaître les relents nauséeux d'un racisme contre les musulmans. Beaucoup n'ont pas compris, ou ne veulent pas comprendre, que la religion est étrangère au crime, seule la coutume est la réelle origine de la disparition de Sadia. L'affaire ne peut donc traîner. La défense se base sur l'emportement impulsif de Mudusar face à sa soeur qui ne voulait pas se marier et mettait en péril sa propre union. Si on peut établir qu'il s'agit d'un crime d'honneur découlant de l'atteinte à l'honneur du père, il y aurait préméditation et les peines seraient plus lourdes.
L'arrestation de l'assassin présumé de la jeune femme, son frère Mudusar, N'EST PLUS UNE PRIORITE.
Effectivement l'arrestation de Tariq Mahmood Shiekh, le propre père de Sadia, soupçonné d'être le commanditaire du crime a été confirmée par la Chambre du Conseil de Charleroi, il reste donc incarcéré à la prison de Jamioulx comme coauteur du meurtre. Il semble que ce sont des écoutes téléphoniques qui ont apporté les preuves d'une implication du père dans l'acte du fils qui a tiré trois balles de révolver pour abattre Sadia. L'honneur du père était bafoué car au mois de mars était prévu le mariage à Islamabad (Pakistan) de ses deux enfants devant 1.500 invités.
Ce jeudi cinq perquisitions (3 d'après la défense) ont eu lieu parmi les membres de la famille, six personnes (sept personnes d'après la défense : la mère, les quatre soeurs ??? et deux beaux-frères) ont reçu un mandat d'amener, ce qui a permis leur interrogatoire dont il n'a résulté aucune inculpation. Les gsm ont été saisis et seront "disséqués"par les spécialistes. Il est donc bien établi que dans l'esprit du juge d'instruction, des membres de la famille pouvaient être au courant et peut-être acteur (en se concertant) dans ce qui est presque définitivement devenu un crime d'honneur.
En outre Mudusar ne peut plus communiquer téléphoniquement, s'il le désire, avec des membres de sa famille, les numéros de gsm connus ne sont plus utilisables.
Quant au père incarcéré, âgé de 58 ans, l'enquête a déterminé qu'il allait quitter la Belgique pour "finir" ses jours au Pakistan. Pays qu'il avait quitté pour travailler à partir de 1973 à Bruxelles comme modeste plongeur dans les restaurants de l'Ilôt sacré. La réservation des billets d'avion révellait un départ pour les premiers jours de janvier. Propriétaire de 14 commerces (car-wash et night-shops), après avoir déjà vendu un bien à Bruxelles, il désirait tout liquider. Il avait acheté un bien immobilier de 7 millions d'euros au Pakistan. Il possède, en outre, des points de chute en Grande-Bretagne et aux Pays-Bas (où Mudusar pourrait se trouver).
Il semblerait que Sadia se soit mariée par internet en présence de deux imams, tout en refusant d'entériner cette union forcée. La famille Shiekh est considérée au Pakistan comme une véritable caste où les mariages intrafamiliaux existent. En Belgique, seul le mariage civil est valable devant un Officier de l'Etat civil, le mariage religieux est facultatif. Sadia, née à Etterbeek, est belge de naissance.
Aux enquêteurs de déterminer s'il est vrai que le père aurait bien demandé à son fils de laver son honneur le 22 octobre dernier dans ce rendez-vous préparé et si des membres de la famille étaient au courant.
La maison familiale à Lodelinsart, rue du Chênois, 220
Mudusar Sheikh
01:25 Publié dans Faits de société | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sada, sheikh, de la serna, mudusar, charleroi, crime, honneur
19.11.2007
Enquête sur un meurtre annoncé
On a toujours envie d'idéaliser les morts. Dans le cas de Sadia, tout l'entourage est unanime : malgré le contexte familial, elle avait tout pour elle, elle aimait follement son copain depuis 18 mois, elle voulait devenir avocate, elle était appréciée pour sa gentillesse mais aussi son intelligence et son ouverture vers toutes les connaissances.
Hugues Dorzée du journal belge Le Soir a enquêté sur cette jeune fille assassinée par un frère qu'elle appréciait beaucoup (édition du 17 novembre).
Sadia est née le 12 février 1987 à Etterbeek (Municipalité/Commune de Bruxelles). Sa famille est originaire du Pakistan et est arrivée depuis plusieurs dizaine d'années. Le père est propriétaire et travaille dans un magasin d'alimentation à Charleroi. Elle a trois soeurs et un frère.
Malgré une éducation austère et stricte, amour et loyauté pour ses parents, respect de sa culture d'origine, c'est une jeune fille studieuse mais surtout tournée vers les idées et les modes des jeunes de maintenant.
Elle est pourtant pratiquante, elle a suivi le dernier Ramadan. Elle mangeait hallal mais goûtait aux autres cuisines. Elle a expliqué à sa classe de façon passionnée le Coran et les cinq pilliers de l'Islam. Elle appréciait les bons côtés de sa religion mais détestait le fanatisme et les interprétations du livre saint.
Petit à petit elle évoque avec quelques amies un drame qui ruine sa vie : quatre robes cousues main, des bijoux, des préparatifs sur place, une fête programmée avec 150 convives, une dote importante ... depuis 2005 elle est promise en mariage à Abas, 20 ans vivant au Pakistan.
Un mariage arrangé à son insu. Ce qu'elle refuse bien sûr.
Elle se confie alors à Colette Thomas, son éducatrice. Vient le soutien du PMS (centre psycho-médico social), consultation dans un planning familial (en cachette de ses parents). Solidarité à l'école. Elle quitte sa famille et sera hébergée dans une famille d'accueil, une fois en 2005 puis en 2007, cinq mois dans un refuge pour femmes battues et depuis le 1er août un studio dans le centre de Mons, payé par le CPAS de Charleroi.
Elle ne voulait pas se résigner. Prise entre deux cultures, puisant sa force dans l'envie d'apprendre et la sincérité, sans haine vis-à-vis des siens, mais décidée à affirmer ses choix.
Au fil des mois Sadia est sous pression : SMS agressifs, menaces, chantages, fausses informations (elle ne doit plus se marier, sa mère est malade, le magasin familial doit être vendu à cause d'elle, ...). Sadia s'accroche à ses ami(e)s, à l'Islam, à son petit ami, à ses études de droit. C'était sa dernière année dans l'école et voulait poursuivre des études en droit international à l'université. Malgré les menaces, elle voulait aller de l'avant, coûte que coûte.
Dans son école (Haute Ecole provinciale de Charleroi) elle est protégée : cours à distance, examens surveillés, navette organisée entre Mons et Charleroi.
Manipulation d'un frère qu'elle pensait être un allié, manque de prudence ? le 22 octobre elle répond favorablement à sa famille qui désire la rencontrer pour discuter.
La suite est connue. Malheureusement.
Sadia est inhumée au Pakistan, pays où elle ne voulait pas se rendre. L'avocat de sa famille déconseille tous contacts avec la presse. Interpellation au Sénat. Plaque scellée à l'entrée de la classe de droit pour "les générations suivantes". Une infinie tristesse pour ceux qui l'ont connue. Souvenirs. Ne pas oublier Sadia. Jamais.
00:05 Publié dans Faits de société | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sadia, sheikh, crime d'honneur, pakistan, charleroi, lodelinsart
14.11.2007
Un visage sur un nom
Quel bel élan de solidarité....
Nous epérons maintenant aller au delà, nous voulons que les choses s'améliorent au niveau des infrastructures pouvant acceuillir les jeunes filles en difficultés, une loi contre les mariages forcés plus sévères, nous voulons également pouvoir aborder le problème de la preuve de ces mariages ....
Nous pensons vraiment que Sadia, qui se battaient pour ses idéaux, serait fière de cette belle mobilisation. Aujourd'hui, nous lui avons, ensemble, rendu un bel hommage.
Nous étions donc 2000 aujourd'hui, mais ce mercredi 14, à 20H, notre blog comptaient plus de 4870 visites.
Encore un grand merci,
POUR QUE PERSONNE N'OUBLIE JAMAIS SADIA ET SON SOURIRE....
22:55 Publié dans Faits de société | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : sadia, sheikh, crime, honneur, hommage, visage, charleroi








