18.02.2008

Assassinat de Sadia Sheikh : discrète reconstitution

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Ce lundi, la reconstitution de l'assassinat de Sadia Sheikh par son frère Mudusar a eu lieu sur les lieux même, soit au domicile familial, dans la plus grande discrétion en présence du juge d'instruction Ignacio de la Serna et de nombreux policiers qui ont fermé la zone à tous les curieux et à la presse. Certains média confirmes la présence de Tariq, le père d'autres pas. Un acte administratif pour la forme puisque Mudusar est passé aux aveux. La conduite de Sarya, la jeune soeur qui a été grièvement blessée dans l'altercation fatale est plus ambigue. Continuant à vivre en famille va t-elle charger son frère ou diminuer sa faute ? Cela on ne le saura qu'au procès où il sera loisible d'entendre tous les intervenants de cette lamentable affaire de crime d'honneur qui a réveillé les consciences mais pas celle du Sénat où ce genre de crime ne suscite pas un désir de réforme dans le code pénal. Ce texte a été corrigé ce mardi 19, une fois encore les informations n'étaient pas fiables. On apprend aujourd'hui que le père voit son mandat d'arrêt pour meurtre confirmé et qu'il fait appel de cette décision.

Lu dans le journal "La Dernière Heure" :

LODELINSART C'est sous bonne escorte que Mudusar Sheikh est revenu sur les lieux de son crime, hier matin, à Lodelinsart. Là où, le 22 octobre dernier, il a abattu sa soeur Sadia de trois balles.

À l'occasion de cette reconstitution, une vingtaine de policiers s'étaient déployés dans la rue du Chenois, devant le domicile des Sheikh camouflé par de grandes bâches et trois combis.

Vêtu d'une combinaison blanche, Mudusar a été déposé en fourgon devant la porte de l'habitation. Durant près de deux heures, les enquêteurs lui ont demandé de rééditer son geste fatal, sous les yeux, notamment, des experts en balistique. Le tout se déroulant bien sûr à huis clos, au sein du foyer familial. L'intérêt était de départager les deux thèses qui s'opposent. D'un côté, les enquêteurs de la police locale de Charleroi estiment qu'il s'agit d'un crime d'honneur, orchestré par le père de Sadia, Tariq Mahmood Sheikh, incarcéré depuis décembre. La jeune Pakistanaise avait en effet quitté ses proches pour vivre à l'occidentale, fuyant le mariage organisé par ses parents à Islamabad.

De l'autre, Mudusar Sheikh affirme avoir agi sur un coup de sang. En cavale après son crime, il avait été retrouvé dans un bungalow des Barrages de l'Eau d'Heure, près de Froidchapelle. La reconstitution d'hier n'aura finalement servi qu'à confirmer la matérialité des faits, Mudusar restant sur sa version des faits. Vers midi, le dispositif policier était d'ailleurs levé et l'assassin présumé ramené à la prison de Jamioulx.

F. D.

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31.01.2008

Mudusar Sheikh interpellé : on va mieux comprendre le pourquoi de son acte : tuer Sadia, sa soeur

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L'enquête n'a pas traîné. Mudusar Sheikh a été arrêté (la presse mélange la date  : soit mercredi soit jeudi 31 janvier) sur le site des barrages de l'Eau d'Heure à Froidchapelle. Il occupait un bungalow destiné aux touristes. Il était accompagné d'Ibrahim Hellalet de Jumet, un multi-récidiviste activement recherché au grand banditisme pour des faits passés dans la région de Charleroi (vols à mains armées, ...). Le logement aurait été loué par une ami de ce dernier.

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Mudusar a été inculpé d'assassinat par le juge d'instruction, Ignacio de la Serna. Il semble reconnaître qu'il a bien tiré les coups de feu qui ont tué sa soeur Sadia et blessé une autre soeur mais il nierait la préméditation.

Il est évident que le juge va recouper les déclarations du jeune homme avec celles de son père afin d'établir la réelle implication de ce dernier dans le meurtre de Sadia. En outre, il faut expliquer pourquoi celui que certains voyaient se cacher au Pakistan se terrait en fait en Belgique avec un grand délinquant aidé par son amie.

 Il plane sur cette affaire navrante un goût d'énorme gâchis.

12.01.2008

La justice belge ne reste pas inactive pour comprendre le meurtre de Sadia

9c8a16ad8ff09f8ccb71ffa994e16469.jpgIl est rare qu'une affaire de meurtre soit aussi diligentée en Belgique. Le juge d'instruction, Ignacio de la Serna, et les enquêteurs de Charleroi semblent mettre les bouchées doubles pour résoudre l'affaire. Il y a deux éléments nouveaux qui entrent en ligne de compte : la médiatisation de l'affaire qui rend Sadia sympathique aux yeux de l'opinion publique, cette jeune fille de 20 ans à l'avenir souriant n'est-elle pas morte d'avoir voulu vivre comme tout le monde ? Et deuxième élément qui découle du premier : dans les forums ouverts sur internet, de nombreuses voix font apparaître les relents nauséeux d'un racisme contre les musulmans. Beaucoup n'ont pas compris, ou ne veulent pas comprendre, que la religion est étrangère au crime, seule la coutume est la réelle origine de la disparition de Sadia. L'affaire ne peut donc traîner. La défense se base sur l'emportement impulsif de Mudusar face à sa soeur qui ne voulait pas se marier et mettait en péril sa propre union. Si on peut établir qu'il s'agit d'un crime d'honneur découlant de l'atteinte à l'honneur du père, il y aurait préméditation et les peines seraient plus lourdes.

L'arrestation de l'assassin présumé de la jeune femme, son frère Mudusar, N'EST PLUS UNE PRIORITE.

Effectivement l'arrestation de Tariq Mahmood Shiekh, le propre père de Sadia, soupçonné d'être le commanditaire du crime a été confirmée par la Chambre du Conseil de Charleroi, il reste donc incarcéré à la prison de Jamioulx comme coauteur du meurtre. Il semble que ce sont des écoutes téléphoniques qui ont apporté les preuves d'une implication du père dans l'acte du fils qui a tiré trois balles de révolver pour abattre Sadia. L'honneur du père était bafoué car au mois de mars était prévu le mariage à Islamabad (Pakistan) de ses deux enfants devant 1.500 invités.

Ce jeudi cinq perquisitions (3 d'après la défense) ont eu lieu parmi les membres de la famille, six personnes (sept personnes d'après la défense : la mère, les quatre soeurs ??? et deux beaux-frères) ont reçu un mandat d'amener, ce qui a permis leur interrogatoire dont il n'a résulté aucune inculpation. Les gsm ont été saisis et seront "disséqués"par les spécialistes. Il est donc bien établi que dans l'esprit du juge d'instruction, des membres de la famille pouvaient être au courant et peut-être acteur (en se concertant) dans ce qui est presque définitivement devenu un crime d'honneur.

En outre Mudusar ne peut plus communiquer téléphoniquement, s'il le désire, avec des membres de sa famille, les numéros de gsm connus ne sont plus utilisables.

Quant au père incarcéré, âgé de 58 ans, l'enquête a déterminé qu'il allait quitter la Belgique pour "finir" ses jours au Pakistan. Pays qu'il avait quitté pour travailler à partir de 1973 à Bruxelles comme modeste plongeur dans les restaurants de l'Ilôt sacré. La réservation des billets d'avion révellait un départ pour les premiers jours de janvier. Propriétaire de 14 commerces (car-wash et night-shops), après avoir déjà vendu un bien à Bruxelles, il désirait tout liquider. Il avait acheté un bien immobilier de 7 millions d'euros au Pakistan. Il possède, en outre, des points de chute en Grande-Bretagne et aux Pays-Bas (où Mudusar pourrait se trouver).

Il semblerait que Sadia se soit mariée par internet en présence de deux imams, tout en refusant d'entériner cette union forcée. La famille Shiekh est considérée au Pakistan comme une véritable caste où les mariages intrafamiliaux existent. En Belgique, seul le mariage civil est valable devant un Officier de l'Etat civil, le mariage religieux est facultatif. Sadia, née à Etterbeek, est belge de naissance.

Aux enquêteurs de déterminer s'il est vrai que le père aurait bien demandé à son fils de laver son honneur le 22 octobre dernier dans ce rendez-vous préparé et si des membres de la famille étaient au courant.

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La maison familiale à Lodelinsart, rue du Chênois, 220

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Mudusar Sheikh