15.08.2007
Ce jeudi 16 août 2007, 2000ème jour de détention d'Ingrid Betancourt,il ne faut pas l'oublier !
Voici les principaux événements depuis l’enlèvement de la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt par les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) et dont le sort demeure indéterminé au 2.000e jour de sa captivité :
– 23 fév 2002 : Ingrid Betancourt, candidate des Verts à la présidentielle en Colombie, et sa directrice de campagne Clara Rojas sont enlevées par les FARC près de Florencia (sud-est de Bogota).
Quatre jours plus tard, la guérilla propose un échange avec des rebelles emprisonnés.
– 23 juil : première apparition de Betancourt dans une vidéo filmée le 15 mai.
– 7 août : investiture du président colombien Alvaro Uribe (droite), partisan de la manière forte contre la guérilla.
2003 – 9 juil : la France envoie un avion en Amazonie brésilienne pour récupérer Ingrid en cas de libération mais l’opération échoue.
– 30 août : Betancourt s’exprime dans une vidéo, dernière à ce jour transmise par ses geôliers.
2004
– 8 nov : les FARC refusent une proposition d’Uribe d’échanger une cinquantaine de rebelles contre 59 otages dont Betancourt.
– 3 déc : Les FARC exigent la libération de 500 des leurs et la démilitarisation d’une zone de 800 km2.
2005
– 1er fév : Raul Reyes, numéro deux des FARC, affirme que Betancourt est « en bonne santé ».
– 23 sept : Bogota dénonce « l’ingérence » de la France après que la presse colombienne a rapporté les démarches secrètes d’un émissaire français auprès des FARC.
2006
– 29 mai : Uribe est réélu.
– 28 sept : Uribe accepte de démilitariser deux municipalités – Pradera et Florida (sud-ouest) – comme l’exigeaient les FARC.
– 20 oct : Uribe met fin aux négociations après un attentat attribué aux FARC.
2007
– 14 jan : le ministre colombien de la Défense annonce que Betancourt est « vivante et en bonne santé » et que le gouvernement tentera de la libérer par la force.
– 12 mai : Annonce du gouvernement d’une possible « libération massive » de membres des FARC emprisonnés.
– 16 mai : John Frank Pinchao Blanco, un otage parvenu à échapper aux FARC, affirme que Betancourt est vivante pour l’avoir vue pour la dernière fois le 28 avril.
– 18 mai : Entretien téléphonique du nouveau président français Nicolas Sarkozy avec Uribe.
Uribe ordonne à l’armée de la « libérer par les moyens militaires ».
– 27 mai : Sarkozy tente de convaincre Uribe de renoncer à l’option militaire.
– 1er juin : Libération de plus de 120 rebelles. Rodrigo Granda, le chargé des affaires étrangères des FARC, est libéré le 4, à la suite d’une demande de Sarkozy.
– 18 juin : Départ de Granda pour Cuba.
– 28 juin : Les FARC annoncent la mort de 11 députés qu’ils détenaient depuis cinq ans lors d’un affrontement avec un groupe armé indéterminé.
– 26 juil : Sarkozy annonce qu’une mission française s’est récemment rendue en Colombie où elle n’a obtenue aucune preuve de vie de Betancourt.
– 2 août : Uribe se dit prêt à négocier la paix en trois mois avec les FARC qui rejettent son offre.
(d’après AFP)
Si vous ne connaissez pas Ingrid Betancourt :
Née à Bogota en 1961, Ingrid Betancourt est retenue en otage depuis le 23 février 2002 par les FARC, la guérilla marxiste colombienne. Ancienne candidate à l’élection présidentielle, ancienne députée puis sénatrice, elle incarne le visage d’une femme exemplaire en lutte contre la corruption généralisée, le pouvoir des cartels de la drogue et la misère qui règnent en Colombie.
Ingrid Betancourt a vécu la plus grande partie de son enfance à l’étranger et principalement en France où son père fut Ambassadeur de Colombie à l’UNESCO. Diplômée de l’Institut d’Etudes Politiques de Paris, elle décide de retourner en Colombie après que l’un des candidats à l’élection présidentielle de 1989, Luis Carlos Galan, qui prônait l’extradition des narcotrafiquants, est brutalement assassiné.
Cet événement marque le début de son engagement politique. Elle découvre un pays au bord du gouffre, appauvri par des années de conflits armés, pris entre les cartels de la drogue, la guérilla marxiste et des personnalités politiques impuissantes ou corrompues. Elle décide de mener campagne pour dévoiler au peuple colombien l’ampleur de la corruption et lui offrir un autre avenir. Elle est élue en 1994 à la Chambre des Représentants et en 1998, elle devient à 37 ans le sénateur colombien recueillant le plus de voix. Son combat dérange dans certains milieux et elle échappe à deux reprises à un attentat.
En 2001, elle publie en France La rage au cœur (Editions Xo), une autobiographie qui fut un immense succès de librairie. En 2002, elle décide de se porter candidate à l’élection présidentielle à la tête de son parti « Oxygène », mais elle est enlevée par les FARC peu après le début de sa campagne.
Le courage et l’obstination dont a fait preuve Ingrid Betancourt lui valent aujourd’hui une renommée internationale et suscitent une grande admiration. Depuis son enlèvement, des milliers de personnes ne cessent partout dans le monde de militer en faveur de sa libération ainsi que celle de plus de 600 autres otages détenus par les FARC.
Il faut mettre en exergue l'obstination de sa fille qui parcourt de nombreux pays afin d'informer l'opinion et tenir des discours comme celui qu'elle a tenu à l'Université de Liège dont voici la teneur :
Intervention de Mélanie Delloye-Betancourt
Bonjour à vous tous
Je pense qu’aujourd’hui Maman présente, d’une certaine façon, deux visages. Le premier est celui de son combat qui, je pense, est juste. Un combat pour la paix, contre la corruption, pour que mon pays, la Colombie puisse sortir de ce noir, de ce gouffre dans lequel il se trouve.
Dans une intervention qu’elle a faite une semaine avant d’être enlevée, afin que les négociations de paix ne soient pas rompues en Colombie, elle disait qu’elle avait l’impression qu’on se lançait tous dans une sorte de suicide collectif parce que l’on ne se rendait pas compte, qu’au fond, dans cette guerre, personne ne gagnait. On perdait tous. Et puis elle demandait à la guérilla en Colombie de cesser les enlèvements. Une semaine plus tard elle était enlevée.
L’autre visage de Maman est un symbole. Quelqu’un qui se bat, qui s’est battue pour des causes nobles et qui est privée de sa liberté. Qui devient une sorte d’instrument pour un chantage. C’est ignoble.
Mais elle n’est pas la seule. En Colombie il y a plus de 3000 otages et je pense qu’aujourd’hui on peut dire que le problème a une ampleur mondiale énorme.
J’aimerais tellement être parmi vous et l’écouter parler, elle. C’est difficile pour toutes les familles d’otages de se rendre compte du temps qui passe. Pour nous cela fera bientôt 1000 jours ! 1000 jours ! C’est du temps irrécupérable. Quand on est en liberté, la conception du temps est très différente. Mais pensez à tout ce que vous avez fait depuis 1000 jours.
Le temps passe. Il y a le danger de mort auquel sont exposés tous les otages. Et puis il y a le temps qui passe et qui ne reviendra pas. C’est pour cela qu’il faut faire quelque chose, et vite. Il faudrait pouvoir réunir le gouvernement colombien et les FARC autour d’une même table. Et cela ne devrait pas être si compliqué de sauver toutes ces vies humaines.
Ce que l’on fait est-il vraiment utile ? Je ne sais pas. Je ne sais pas si en parler sert à quelque chose puisque la mobilisation n’aboutit à rien pour le moment. Mais au fond de moi-même je suis convaincue que oui. Voyez tous les gens qui sentent qu’ils peuvent apporter quelque chose, pour que toutes ces personnes retrouvent leur proches. Je pense que vous tous ici, avez un rôle à jouer. Je pense que l’on peut tous faire quelque chose, pas seulement pour Maman, pour tous les otages dans le monde.
Interrogez-vous pour savoir ce que vous pouvez faire pour Maman et pour tous les otages. Parce que la liberté, quand on l’a, on l’a, mais quand on ne l’a plus, on se rend compte à quel point elle est précieuse.
23:40 Publié dans Des gens | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ingrid, mélanie, betancourt, chronologie, enlèvement, biographie, colombie





