03.05.2008

Combats de chiens au Pakistan : not for tourists !

Les chiens sont élevés comme des athlètes : ils courent derrière un vélo plus de 60 km par jour afin de renforcer leur résistance. Il y a aussi l’entraînement au combat : le chien saute sur l’homme et répète l’assaut pour renforcer ses pattes arrières. Préparer un chien prend 6 mois, 12 heures par jour. Ils sont nourris principalement de beurre et de lait pour les faire prendre du poids et de la force. La viande : une fois par semaine seulement.

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Les photos ont été réalisées au village de Chak Baily Khan dans la région de Chakwal. Les combats ont été introduits par les soldats de l’Empire britannique. Ils sont interdits par la loi. Des propriétaires terriens très riches se croient au dessus des lois et perpétuent la tradition pour l’argent mais aussi pour leur honneur. Si officiellement il y a des coupes en or comme prix, les paris atteignent 15.000 euros. Ces combats de chiens finissent parfois par des crimes pour laver l’honneur perdu dans l’arène.

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Les combats se déroulent dans un cirque naturel en dehors du village. Pas moins de 12.000 spectateurs uniquement masculin sont présents. Les propriétaires ont parfois fait plusieurs centaines de kilomètres pou participer aux combats.

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Les chiens pèsent en moyenne 80 kg, ils sont douchés juste avant le combat pour enlever un éventuel poison qui aurait pu être répandu sur le pelage. Ce sont souvent des bulls et des rots. L’arbitre décide d’arrêter le combat souvent quand il est tard, les bêtes hurlent de douleur et saignent abondamment. Souvent le " vainqueur " ne lache pas prise, il faut alors utiliser un bâton avec un embout de métal pour lui faire desserrer les mâchoires. Une dizaine d’hommes sont nécessaires pour séparer les bêtes, chacune voulant revenir à l’assaut.

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Le propriétaire du chien gagnant est ovationné par la foule et une procession se forme pour aller chercher la coupe. Il y a alors un tour d’honneur autour de l’arène au son des tambours et des coups de feu en l’air. Le propriétaire lance des petites coupures à ses supporters.

Source et photos : Eric Tourneret

24.12.2007

Appel à Mudusar, meurtrier de sa soeur Sadia

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"Je te demande, ainsi que tes autres soeurs, de revenir au plus vite afin que notre père et notre mère ainsi que toute la famille puissent commencer à faire leur deuil de Sadia. Où que tu sois, chez qui que tu sois, si tu entends mon appel ou lis le journal, reviens, s'il te plaît. Contacte tes avocats. Ils te conduiront chez le juge d'instruction de la Serna à Charleroi. On t'aime toujours malgré ce dramatique coup de colère en famille".
Ceci est l'appel de Sariyah qui avait été gravement blessée le 22 octobre dernier en voulant défendre sa soeur Sadia Sheikh, abattue de trois balles de révolver pour n'avoir pas accepté les coutumes d'un pays qui n'est pas le sien mais celui de ces parents.
Remontons le temps jusqu'au 12 décembre dernier où le journal LE SOIR nous apprenait que la famille avait pris deux avocats pour leur fils : Maîtres Jean-Paul Dumont et Frédéric Clément de Cléty et désirait que le jeune assassin "présumé" se rende à la justice afin de s'expliquer.
Le juge d'instruction carolo Igniacio de la Serna peut déjà expliquer certains points : Mudusar ne peut se trouver au Pakistan car on a retrouvé son passeport à la maison, l'arme qui a tué Sadia et blessé sa soeur n'a pas été retrouvée, elle serait peut-être en sa possession. Le fameux coup de colère provient du fait que Sadia devait être mariée au Pakistan en mars 2008 et lui aussi. Devant le refus de sa soeur, il voyait son union remise à plus tard ou même annulée, ce qu'il n'aurait pas admis. Reste à comprendre pourquoi il avait cette arme sur lui, pourquoi Sadia avait été auparavant menacée et victime d'intimidations ce qui l'avait mené à porter plainte et loger à Mons loin de son école.
LE SOIR du 22 décembre publie l'appel de sa soeur au nom de sa famille mais révèle aussi un fait inconnu jusqu'à présent : le mariage de Sadia aurait déjà été conclu au Pakistan depuis 2 ans. La famille a révélé que Sadia aurait donné son consentement. Les deux mariages devant se dérouler dans la même localité. En pratique il s'agirait d'un mariage conclu sous les auspices d'imams. Peu crédible quand on connait les études de Sadia qui n'aurait été d'aucune utilité au Pakistan, son amour pour un jeune belge catholique actuellement placé sous la protection de la police antiterroriste et le fait qu'elle avait fuit sa famille.
Les deux avocats ont déclaré qu'ils espéraient sa reddition "dans l'esprit des fêtes de l'Aïd et de Noël".
Les compagnons de classe de Sadia ne baissent pas les bras, 35 d'entre-eux accompagnés de professeurs vont se rendre à Strasbourg afin de remettre un dossier sur les crimes d'honneur aux deux vice-présidents de la commission pour l'égalité des droits des hommes et des femmes. C'était déjà eux qui avaient organisé une marche silencieuse à Charleroi qui avait réuni 2.000 personnes en pleine semaine.
En 2008, ces mêmes étudiants en droit se rendront au Sénat afin d'organiser un colloque pour faire bouger les politiciens afin, comme ils disent, que Sadia ne soit pas morte pour rien.

19.11.2007

Enquête sur un meurtre annoncé

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On a toujours envie d'idéaliser les morts. Dans le cas de Sadia, tout l'entourage est unanime : malgré le contexte familial, elle avait tout pour elle, elle aimait follement son copain depuis 18 mois, elle voulait devenir avocate, elle était appréciée pour sa gentillesse mais aussi son intelligence et son ouverture vers toutes les connaissances.

Hugues Dorzée du journal belge Le Soir a enquêté sur cette jeune fille assassinée par un frère qu'elle appréciait beaucoup (édition du 17 novembre).

Sadia est née le 12 février 1987 à Etterbeek (Municipalité/Commune de Bruxelles). Sa famille est originaire du Pakistan et est arrivée depuis plusieurs dizaine d'années. Le père est propriétaire et travaille dans un magasin d'alimentation à Charleroi. Elle a trois soeurs et un frère.

Malgré une éducation austère et stricte, amour et loyauté pour ses parents, respect de sa culture d'origine, c'est une jeune fille studieuse mais surtout tournée vers les idées et les modes des jeunes de maintenant.

Elle est pourtant pratiquante, elle a suivi le dernier Ramadan. Elle mangeait hallal mais goûtait aux autres cuisines. Elle a expliqué à sa classe de façon passionnée le Coran et les cinq pilliers de l'Islam. Elle appréciait les bons côtés de sa religion mais détestait le fanatisme et les interprétations du livre saint.

Petit à petit elle évoque avec quelques amies un drame qui ruine sa vie : quatre robes cousues main, des bijoux, des préparatifs sur place, une fête programmée avec 150 convives, une dote importante ... depuis 2005 elle est promise en mariage à Abas, 20 ans vivant au Pakistan.

Un mariage arrangé à son insu. Ce qu'elle refuse bien sûr.

Elle se confie alors à Colette Thomas, son éducatrice. Vient le soutien du PMS (centre psycho-médico social), consultation dans un planning familial (en cachette de ses parents). Solidarité à l'école. Elle quitte sa famille et sera hébergée dans une famille d'accueil, une fois en 2005 puis en 2007, cinq mois dans un refuge pour femmes battues et depuis le 1er août un studio dans le centre de Mons, payé par le CPAS de Charleroi.

Elle ne voulait pas se résigner. Prise entre deux cultures, puisant sa force dans l'envie d'apprendre et la sincérité, sans haine vis-à-vis des siens, mais décidée à affirmer ses choix.

Au fil des mois Sadia est sous pression : SMS agressifs, menaces, chantages, fausses informations (elle ne doit plus se marier, sa mère est malade, le magasin familial doit être vendu à cause d'elle, ...). Sadia s'accroche à ses ami(e)s, à l'Islam, à son petit ami, à ses études de droit. C'était sa dernière année dans l'école et voulait poursuivre des études en droit international à l'université. Malgré les menaces, elle voulait aller de l'avant, coûte que coûte.

Dans son école (Haute Ecole provinciale de Charleroi) elle est protégée : cours à distance, examens surveillés, navette organisée entre Mons et Charleroi.

Manipulation d'un frère qu'elle pensait être un allié, manque de prudence ? le 22 octobre elle répond favorablement à sa famille qui désire la rencontrer pour discuter.

La suite est connue. Malheureusement.

d54ecf898b7c89f4e849f10c501585a5.jpegSadia est inhumée au Pakistan, pays où elle ne voulait pas se rendre. L'avocat de sa famille déconseille tous contacts avec la presse. Interpellation au Sénat. Plaque scellée à l'entrée de la classe de droit pour "les générations suivantes". Une infinie tristesse pour ceux qui l'ont connue. Souvenirs. Ne pas oublier Sadia. Jamais.