26.01.2008
L'Etat du New Jersey supprime la peine de mort qui n'est de toute façon plus appliquée aux USA jusqu'en juillet 2008 !
Entre 1972 et 1976, la peine de mort n'a plus été appliquée aux USA car jugée inconstitutionnelle. Elle a néanmoins été rétablie en 1976 petit à petit par des lois ou suite à des référendums. Chaque état ayant sa propre législation, voici la situation actuelle :
- États qui ont la peine de mort dans leur législation : Dakota du Sud, New Hampshire
- État observant un moratoire : Illinois (depuis 2000)
- Les autres états n'appliquent pas ou plus cette peine.
En décembre 2007, le New Jersey est le premier état à avoir supprimé la peine capitale depuis le rétablissement en 1976. C'est par 44 voix contre 36 que l'Assemblée du New Jersey (=Sénat) a approuvé un projet de loi abolissant la pine de mort. Pour être promulgué il suffit de la signature du Gouverneur, Jon Corzine, qui a promis de le faire rapidement.
Le plus important c'est la raison de ce vote historique : "Ce problème ne se limite pas au New Jersey. Des législateurs de tout le pays se rendent compte que la peine capitale est, de manière permanente, prise en défaut, et le public est de plus en plus méfiant vis-à-vis d'un système qui porte en lui de réeles possibiltés d'excécuter des innocents".
Les débats auront été vifs : "Regardez le sud où les exécutions sont fréquentes. Le taux de criminalité n'y est pas plus bas" contre "Ces dispositions vont bénéficier à des criminels, à des meurtriers".
Le New Jersey va rejoindre les 13 états ayant déjà aboli la peine de mort.
En 2007, 42 personnes ont été exécutées, les 2/3 ayant été exécutés au Texas. 5 pays ont organisés plus d'exécuions : Chine, Iran, Pakistan, Irak et Soudan.
Il faut quand même tenir compte de la Cour Suprême qui a demandé la suspension des exécutions depuis le 25 septembre : on doit déterminer si l'injection mortelle, méthode la plus fréquente mais qui est très douloureuse peut entrer dans les traitements "cruels et inhabituels" interdits par la Constitution. Les sages qui composent la Cour doivent trancher avant juillet 2008.
La suppression de la peine de mort permettrait d'économiser des millions de dollars en frais juridiques étant donné les procédures dappel extrêmement longues. Chaque cas peut coûter entre 680.000 et 2 millions d'euros soit plus qu'une peine d'emprisonnement à vie.
Les Etats-Unis sont le dernier pays occidental à appliquer la peine de mort.
L'histoire d'une exécution de 2007 :
Un jeune homme noir de 19 ans, un jury blanc dans un état du Sud des Etats-Unis et une instruction à la va-vite pour solder un crime horrible : l'histoire de Darrell Grayson est devenue au fil des années un symbole pour les militants anti-peine de mort. Le condamné avait d'ailleurs repris lui-même ce combat depuis sa cellule. Il a été exécuté dans une prison de l'Alabama par injection mortelle après 27 années passées dans le couloir de la mort.
En 1980, une vieille dame octogénaire meurt étouffée et violée à son domicile. Darrell Grayson a bu avec ses amis des litres de vin ce soir-là. Il pénètre avec l'un d'eux dans la maison de la victime pour y voler de l'argent. Le corps de la vieille dame est retrouvé mutilé le lendemain matin. Darrel Grayson reconnaît d'abord les faits avant de se rétracter, il ne se souvient en fait de rien. L'instruction est menée à charge, aucun test ADN n'est effectué et l'avocat commis d'office ne peut rien faire pour éviter la peine capitale au jeune homme. Même le témoignage de deux personnes qui ont passé la soirée avec Darrell Grayson ne changera pas la donne.
Pour Francis Perrin, porte-parole d'Amnesty International France, ce cas rappelle que "la peine de mort reste un châtiment inhumain" notamment en raison du délai "inacceptable" entre la condamnation et l'exécution qui laisse le temps aux détenus de changer, d'évoluer. Darrell Grayson était lui devenu un poète militant. Il était le président d'une association de lutte contre la peine de mort. Juste avant de mourir, il a adressé un signe de paix avec ses mains et prononcé le mot "paix" en souriant aux témoins venus assister à son exécution.
Fannie Rascle
22:05 Publié dans Faits de société | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : peine, mort, abolition, new jersey, cour, suprème, injection
27.07.2007
Profession : bourreau
Mohammad Bin Saïd al-Bishi est bourreau en Arabie saoudite, de père en fils. Il a cinq collègues. Depuis le début de l'année ils ont tranché la tête de 101 personnes. Un record. Attention, dans ce pays sont condamnés à mort, d'après la charia (justice islamique) les violeurs, les meurtriers, les trafiquants de drogue, les sorciers, les auteurs d'adultère, les auteurs de sodomie, les homosexuels et ceux qui renoncent à l'Islam.
Ses principaux outils de travail sont Sultan et Qahrida. Ce dernier sabre est surtout utilisé pour les coups portés à la verticale, pour les amputations (les voleurs voient la main coupée).
Mohammad prépare déjà son fils Badr tout comme son père l'a fait avec lui. Il déclare ne pas avoir d'états d'âme. Il travaille pour la gloire d'Allah proclame-t-il. Il a déjà exécuté des amis mais il ajoute : ils étaient coupables de crimes. Ils ne devaient s'en prendre qu'à eux-mêmes. Je ne ressentais pas de compassion. Lorsque le coeur faiblit, la main faillit ! Il y a du travail : jusqu'à 5 exécutions par jour : c'est normal, c'est le boulot. Une exécution est une exécution. Pourvu que la personne se tienne droit et alors il n'y a pas de problème ! Pourtant il rate parfois la cible et blesse le supplicié. Pour lui ce sont les femmes les plus courageuses.
Ces exécutions sont critiquées car elles concernent surtout des travailleurs immigrés, contraints souvent de signer des aveux en arabe,langue qu'ils ne savent pas lire ou même pas comprendre.
En 2000, il y a eu 113 décapités, en 2005 : 83, cette année déjà 101 exécutions en 6 mois. L'Iran n'est pas en reste : 140 pendus depuis le début de l'année ! 13 en un week-end.
19:35 Publié dans Des gens | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : arabie, saoudite, bourreau, mohammad, al-bishi, décapitation, peine





