28.03.2008
Fitna, le film qu'on ne voulait pas voir diffusé

Geert Wilders, 41 ans, député d'extrême droite, a tenu sa promesse (menace) de diffuser son film contre l'Islam avant la fin du mois de mars. Il a choisi un hébergeur anglais (Liveleak.com) qui après vérification du contenu du film a accepté la diffusion, ne trouvant rien d'illégal (l'hébergeur américain Network Solutions l'avait pourtant refusé au préalable).
Son parti, le PVV (Partij voor Vrijheid - Parti pour la Liberté) est la troisième force politique du pays, il surfe sur la vague islamophobe qui se propage aux Pays-Bas. Il possède 9 parlementaires sur 150.
Déjà vu ce soir à 22 H par 1,129 millions de personnes en anglais et 1,931 millions de personnes en néerlandais : FITNA THE MOVIE
Ce film aborde les poncifs habituels contre les musulmans à coup d'attentats, New York, Madrid, Londres, ... mais aussi les pendaisons, décapitation d'otage, exécution de femme adultère, ... le tout saupoudré de versets du Coran et de paroles d'Imam retirées de leur contexte pour justifier les actes commis ainsi que des propos anti juifs. Le film veut faire peur, la fin concerne les musulmans aux Pays-Bas : l'augmentation importante de leur nombre au fil des ans sur des images de femmes en burqua avec des paysages hollandais en fond. Des articles sur l'Islam contre les homosexuels, les mosquées implantées dans le pays, bref les arguments traditionnels en 16 minutes. Commençant par une caricature du prophète dont le turban est une bombe avec un compte à rebours débutant à 15 minutes, le film se termine par la fin du décompte avec une explosion (les images ne montrent que des éclairs dans le ciel).
Selon l'agence ANP, l'ensemble du gouvernement a visionné "Fitna" ce soir. Par précaution, les accès au parlement de La Haye ont été bloqués par la police dans la soirée. Quelque trois heures avant la diffusion du film, le bureau du Coordinateur national de la lutte contre le terrorisme (NCTB) avait été prévenu. Geert Wilders décline toute responsabilité en cas de violences ou de boycott des Pays-Bas. Il estime que Fitna démontre les dangers de l'islam. Wilders n'avait pas caché qu'il comparait le Coran au livre d'Hitler et qu'il désirait voir tout simplement interdit dans son pays.
L'Iran, l'Egypte et la Syrie avait déjà exprimé leur indignation à l'annonce du projet, menaçant les Pays-Bas d'un boycott économique et déplorant les « attaques gratuites ». Quant aux talibans ils avaient brandi des menaces contre les quelque 1.660 soldats néerlandais déployés en Afghanistan dans le cadre de la Force internationale d'assistance à la sécurité (Isaf) si ce « film insultant » était diffusé.
De nombreuses associations musulmanes néerlandaises ont déjà appelé les fidèles à ne pas répondre à cette provocation.
Le gouvernement avait tenté à plusieurs reprises, en vain, de convaincre M. Wilders de renoncer à son projet, redoutant une crise comparable à celle qu'avait provoqué la publication par la presse danoise de caricatures de Mahomet.
Voir mon article précédent sur les mesures prises à l'étranger pour protéger les intérêts néerlandais ainsi que les ressortissants tout comme les conséquences économiques d'un boycott sur les importations.
Geert Wilders vit sous protection policière depuis l'assassinat le 2 novembre 2004 du cinéaste Theo van Gogh par un islamiste radical, Mohammed Bouyeri.
L'assassin blesse Van Gogh avec une arme à feu dans un lieu public, puis l'achève en tirant de nouveau. Huit balles auront atteint le réalisateur. Le jeune homme l'égorge, le décapitant presque. Puis, il lui plante deux couteaux dans la poitrine dont l'un porte sur la garde une lettre adressée à Ayaan Hirsi Ali. Theo van Gogh avait réalisé deux mois plus tôt un court-métrage s'intitulant Submissionavec Ayaan Hirsi Ali. Cette première partie montrait des femmes passant d'une soumission totale à Dieu à un dialogue avec Lui sur un ton de défi. Elles regardaient franchement Allah et lui avouaient que si la soumission à Sa loi était source de tant de malheurs, s'Il n'intervenait pas, elles cesseraient de se soumettre. Une scène montrait une femme dénudée avec des versets du Coran reproduit sur la peau.
Le gouvernement veut éviter toutes représailles et se démarque totalement des propos de Wilders.
Propos tenus par le Premier ministre Jan Peter Balkenende ce soir à la télévision :
"Le film amalgame Islam et violence, nous rejetons cette interprétation", a déclaré M. Balkenende sur un ton solennel, en néerlandais et en anglais.
"Nous regrettons que M. Wilders ait diffusé ce film", a-t-il poursuivi. "Nous pensons qu'il n'a d'autre but que d'offenser. Mais se sentir offensé ne doit jamais être une excuse pour l'agression ou la menace", a poursuivi le dirigeant chrétien-démocrate.
"Le gouvernement est réconforté par les réactions initiales des organisations musulmanes néerlandaises", a encore déclaré M. Balkenende, assurant que les Pays-Bas "s'occuperont énergiquement de quiconque viole la loi".
00:18 Publié dans Des gens | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : fitna, geert, wilders, film, islam, pays-bas, pvv


