12.01.2008
La justice belge ne reste pas inactive pour comprendre le meurtre de Sadia
Il est rare qu'une affaire de meurtre soit aussi diligentée en Belgique. Le juge d'instruction, Ignacio de la Serna, et les enquêteurs de Charleroi semblent mettre les bouchées doubles pour résoudre l'affaire. Il y a deux éléments nouveaux qui entrent en ligne de compte : la médiatisation de l'affaire qui rend Sadia sympathique aux yeux de l'opinion publique, cette jeune fille de 20 ans à l'avenir souriant n'est-elle pas morte d'avoir voulu vivre comme tout le monde ? Et deuxième élément qui découle du premier : dans les forums ouverts sur internet, de nombreuses voix font apparaître les relents nauséeux d'un racisme contre les musulmans. Beaucoup n'ont pas compris, ou ne veulent pas comprendre, que la religion est étrangère au crime, seule la coutume est la réelle origine de la disparition de Sadia. L'affaire ne peut donc traîner. La défense se base sur l'emportement impulsif de Mudusar face à sa soeur qui ne voulait pas se marier et mettait en péril sa propre union. Si on peut établir qu'il s'agit d'un crime d'honneur découlant de l'atteinte à l'honneur du père, il y aurait préméditation et les peines seraient plus lourdes.
L'arrestation de l'assassin présumé de la jeune femme, son frère Mudusar, N'EST PLUS UNE PRIORITE.
Effectivement l'arrestation de Tariq Mahmood Shiekh, le propre père de Sadia, soupçonné d'être le commanditaire du crime a été confirmée par la Chambre du Conseil de Charleroi, il reste donc incarcéré à la prison de Jamioulx comme coauteur du meurtre. Il semble que ce sont des écoutes téléphoniques qui ont apporté les preuves d'une implication du père dans l'acte du fils qui a tiré trois balles de révolver pour abattre Sadia. L'honneur du père était bafoué car au mois de mars était prévu le mariage à Islamabad (Pakistan) de ses deux enfants devant 1.500 invités.
Ce jeudi cinq perquisitions (3 d'après la défense) ont eu lieu parmi les membres de la famille, six personnes (sept personnes d'après la défense : la mère, les quatre soeurs ??? et deux beaux-frères) ont reçu un mandat d'amener, ce qui a permis leur interrogatoire dont il n'a résulté aucune inculpation. Les gsm ont été saisis et seront "disséqués"par les spécialistes. Il est donc bien établi que dans l'esprit du juge d'instruction, des membres de la famille pouvaient être au courant et peut-être acteur (en se concertant) dans ce qui est presque définitivement devenu un crime d'honneur.
En outre Mudusar ne peut plus communiquer téléphoniquement, s'il le désire, avec des membres de sa famille, les numéros de gsm connus ne sont plus utilisables.
Quant au père incarcéré, âgé de 58 ans, l'enquête a déterminé qu'il allait quitter la Belgique pour "finir" ses jours au Pakistan. Pays qu'il avait quitté pour travailler à partir de 1973 à Bruxelles comme modeste plongeur dans les restaurants de l'Ilôt sacré. La réservation des billets d'avion révellait un départ pour les premiers jours de janvier. Propriétaire de 14 commerces (car-wash et night-shops), après avoir déjà vendu un bien à Bruxelles, il désirait tout liquider. Il avait acheté un bien immobilier de 7 millions d'euros au Pakistan. Il possède, en outre, des points de chute en Grande-Bretagne et aux Pays-Bas (où Mudusar pourrait se trouver).
Il semblerait que Sadia se soit mariée par internet en présence de deux imams, tout en refusant d'entériner cette union forcée. La famille Shiekh est considérée au Pakistan comme une véritable caste où les mariages intrafamiliaux existent. En Belgique, seul le mariage civil est valable devant un Officier de l'Etat civil, le mariage religieux est facultatif. Sadia, née à Etterbeek, est belge de naissance.
Aux enquêteurs de déterminer s'il est vrai que le père aurait bien demandé à son fils de laver son honneur le 22 octobre dernier dans ce rendez-vous préparé et si des membres de la famille étaient au courant.
La maison familiale à Lodelinsart, rue du Chênois, 220
Mudusar Sheikh
01:25 Publié dans Faits de société | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sada, sheikh, de la serna, mudusar, charleroi, crime, honneur





